8 novembre 2013

Mon coeur d'automne dans ta bouche fleurie.

Reviens pars reste,
mords et invente-moi
brûlante de silences à la fois
si lents, si lestes

Créer-nous d'encres croisées
sans dessus dessous de ciels étoilés
déstabilise-moi te bousculant
d'arrière en avant.

Suis-moi de loin
en loin, à l'heure
j'aurai ce train

rieur.

Mon cœur déboussolé
d'une ivresse sans printemps, maladive
jouera du violon dans l'espace de tes rives
bercé d'un hiver sans été.

J'apprendrai à surprendre
les courbes pleines de ton dos,
à courir et suspendre
la mélodie de mes doigts sur tes os

Une nuit, la trace de ta silhouette
sous mes paupières je capturerai,
dans le crépitement d'une cigarette
aux nuages envieux je l'offrirai

Les paumes ouvertes sur l'aube bleue
je devinerai ton cœur et ses coutures
savourant le grain de ta peau de mes yeux
l'esprit décousu et sans allure.

Laisse moi t'aimer un petit peu 
je serai sage je te promets 
pleine de nous, je tisse des nœuds
engloutis moi, j'arrêterai.

Veux-tu rester quelques instants

autour, autour, dans l'interstice de la pluie

si lasse je m'étendrai lisse et sans vie

dans l'infini de tes bras conquérants.

6 novembre 2013

Le jour où l'on ne m'a plus reconnue.

Un article sur Rue89 et je déchante. Il serait ce "quelqu'un", ce personne que je côtoie, cet inconnu presque invisible qui chevauche mes nuits. Ne serait-ce pas plutôt mon rôle? Ma place, celle de la fourvoyée, de la trahie, foudroyée par tant de peine? Si je venais à partir pour de bon, ce serait comme si je n'avais jamais été là. Une autre prendrait sans doute ma place. Une jeune femme aux cheveux bouclés comme moi, comme les précédentes, comme les suivantes. Serait-ce le désir même qui me dépossède de ce que je suis, qui le fait m'aimer dans une étincelle comme une ombre, une n'importe-qui? C'est triste, vide. Nous ne perdons rien, excepté nous.

Nous touchons au gouffre. L'article parle de trentenaires et la tête me tourne au dernier rang de cet amphithéâtre, les yeux me brûlent et je refuse pourtant de les fermer, contractant les mâchoires. Je ne suis jamais aussi belle que lorsque je suis anonyme. Ses bras enserrent ma taille dans le soir, mais déjà sans doute oublie-t-il que je suis là, moi au prénom doux, aux yeux en amandes, au sourire facile. 

Sais-tu seulement que c'est moi?

Pourtant depuis des mois il n'y a plus que moi dans sa vie. Je vogue à la conquête d'autres, jouant à ne l'observer que du coin de l'oeil, discrètement, refusant de revenir si vite. Je sais qu'il attend que ma lassitude prenne le dessus, que je retourne le passé, le déterre, le foule et que je hurle devant tant de choses à recommencer. Je suis une proie facile lorsque je sais qu'il est mien. Tu mens si bien mon amour. Tu feins si parfaitement de te moquer de tout sauf de moi durant quelques instants. J'ai cru que le vent tournait cette nuit-là. 

"Comment tu vois ta vie d'ici dix ans?"

Je rétorque en riant que tu dors et que ma réponse ne t'intéresse pas. Au fond j'ignore simplement pourquoi tu me poses une telle question. Et j'ai peur, pour la première fois, c'est si inhabituel que tu en poses de telles... Je reste muette, regardant au fond de tes yeux fermés. 

"Joyeuse. Pleine de rires. C'est tout ce que j'espère."

Dans dix ans, je mens, j'aimerai que tu sois là. Sauve-moi.

3 novembre 2013

Ne dites rien à personne.



Ce fut la meilleure soirée Halloween de ma vie. Sans bonbons, sans rencontres nouvelles, juste un autre moment irréel passé avec lui. Dans la pénombre, des stries de lumières blanches courant sur le carrelage de cette salle de bain, la porte à peine plus épaisse qu'une feuille de papier, le verrou. Toujours le verrou
"Ils peuvent ouvrir je m'en fiche, ils peuvent comprendre je m'en fiche, je suis là avec toi".

Ça commence il y a trois jours, nous fermons les yeux et laissons nos corps séparés s'emplir du désir de l'autre, absent comme toujours. Ça continue le jeudi 31 dans la journée, nous nous languissons de tant d'aventure, nous savons ce vers quoi nous courons: l'autre. Ça continue le jeudi soir lorsqu'il arrive et que je suis déjà chancelante, d'alcool, d'envie, d'attente, de lui. Lorsque les autres sont là nous glissons des sous-entendus connus de nous seuls, les autres écarquillent les yeux mais je le vois, derrière, à me sourire parce qu'il comprend.

La cuisine se vide, nous écrivons n'importe quoi sur ce tableau véléda blanc, uniquement pour la proximité de nos corps. Il se tourne enfin vers moi, saisissant ma tête entre ses mains, faisant vriller le stylo et mes cinq sens. Quelqu'un entre. L'art de la dissimulation. Mais trop de choses sont lancées pour que nous reprenions notre sérieux. Le couloir est trop susceptible d'être découvert, il glisse pourtant ses mains sous ma robe et dévore mon cou. Il me hume, me flaire, redécouvre à l'infini l'odeur de ma peau, sers-toi de ton odorat que je te mène par le bout du nez.

Quelle soirée. En secret, en silence, en fusion.
Quelle journée ensuite. En duo, il m'embrasse dans le bus, encerclés par tous ces inconnus, me tient par la taille. Je n'accorde pas plus de signification à ces gestes que leur simple réalisation. Ce sont des gestes, point.

"tu as vu comme nous ne formons qu'un? tu sens comme c'est beau?"

Il se souvient de tout, moi qui pensais qu'il avait tout oublié.

"je me souviens oui, évidemment, tout était pareil, sauf qu'il ne pleuvait pas en avril, et que c'était ta première fois entre mon corps".

Je ne sais pas si je souris en sortant parce qu'il pleut dans la nuit terriblement froide de ce premier jour de novembre ou bien parce qu'il se souvient comme moi de tout ça, et que, je le lui dit:

"nos corps étaient faits pour se rencontrer, ils ne peuvent se passer de la sensation de l'autre parce que la mémoire corporelle du désir est intacte." 

Je dis nos corps, pas "nous" parce qu'aucun "nous" n'existe en dehors de ce lit, de cette nuit, de cette salle-de-bains, de ce couloir et bien plus encore de ce secret.

Il lâche en trébuchant sur les mots ce dont je ne cesserai jamais de me gargariser:

"Affolant. Je... Aucune... Personne avant toi ne m'avait fait ressentir ça. Je n'ai jamais été submergé comme ça. Je... C'est dingue tu ne trouves pas? Je crois que je sais maintenant qu'il n'y a que toi pour me mettre dans des états pareils."

Dire qu'il lui a fallu plus de 6 mois pour s'en rendre compte vraiment...

30 octobre 2013

On est pas sérieux tant qu'on est en vie.

Je sais, je sais. Je reconnais l'avoir dit des milliers de fois. L'avoir pensé autant si ce n'est plus. Mais je n'en ai pas envie au fond, arrêtons de nous mentir, moi en tout cas j'arrête. Je n'ai pas envie de ne plus le voir, de ne plus m'engueuler avec lui, de ne plus l'entendre. Je veux qu'il me rende dingue encore à force de me faire rire et pleurer, sourire, espérer et désirer. Il est la force désirable de mon quotidien. Je n'y peux rien. J'aime un homme qui jamais ne m'a aimée et qui jamais ne m'aimera. Et je continue de vivre pourtant. Parfois je l'oublie, je m'éloigne raisonnablement, je fréquente quelqu'un d'autre, je crois passer un cap. Et la seconde d'après il est là. Pendant quelques heures, quelques jours, quelques semaines, rarement plus longtemps. Mais ces secondes là sont savoureuses et intenses. Toujours renouvelées et surprenantes, je ne m'en lasse pas. Il met ce grain de folie dans ma vie qui manque à tous les autres.
Je sais, je radote, je radote. Ce sont toujours les mêmes-fausses révolutions qui s'amorcent en moi et qui disparaissent au dernier vent d'Octobre. Toujours les mêmes exécutions ratées des destructeurs de mes amours. Le même sentiment d'échec et de solitude quand le soir se fait long, le froid sec et les semaines fatigantes. Mais il est là parfois, réchauffant mon ciel d'automne de la couleur de ses mots.

19 octobre 2013

Même pas mal !


Tu es là et tu m'accompagneras le reste de ma vie, l'intégralité de mes jours.
Enfin tu existes, flirtant avec ma peau, découvrant comme personne mon épiderme.
Certains pensent que tu es une folie, d'autres savent combien je t'ai imaginé avant d'en arriver là.
C'était hier, encore, déjà, soudain. Après des mois d'attente et une demie-heure de picotements...
Tu es inscrit dans ma chair.
Ô je te chéris. 
Tatouage.

13 octobre 2013

On ne lui a jamais dit de se méfier de l'eau qui dort? Rira bien qui rira le dernier.

Elle avance, battante comme une Bacchante, un sourire de ravie de la crèche greffé aux lèvres. Elle respire comme si chaque pas était une jouissance en soi. Elle se pavane dans le hall, elle tourne sans en avoir l'air, criant sur tous les toits qu'elle est comblée. Une marque bleutée dans son cou vient corroborer son attitude. A la question "qui est-ce?" elle regarde de son air froid et distant et rétorque "comme vous êtes curieux, je ne dirais rien". C'est forcément lui dont elle tait le nom. Qui d'autre? Quel inconnu à protéger de nous, de moi? De quel autre homme faudrait-il cacher l'identité si ce n'est lui?
Il a donc menti pour la énième fois en disant de façon spontanée "Non, il ne se passe rien avec A. et il ne s'est rien passé". Ainsi il mentait,encore. S'acharnant à me prendre pour la dernière des cruches, la reine comme le fut avant moi Catherine Deneuve. 
Il joue au con? Il veut me faire passer pour une abrutie? Alors allons-y le combat est lancé. Lâchons les fauves, courrons-lui à la gorge lui trancher la jugulaire. Pleine de rage il ne me connait pas, emplie de rancœur, et de haine, de lassitude. 

Bâtard tu es, tu l'as été et le reste. 
La guerre est déclarée.

5 octobre 2013

- ton dos musical m'inspire. - je n'ai jamais été la muse de personne. - il y a une première fois à tout.

- C'est un champs comme il en existe des milliers d'autres, mais j'ai choisi celui-ci, parce qu'il est beau, paisible, que les épis sont parsemés de coquelicots comme poussés par le vent et qui dansent sans rémission. Je le choisit pour me perdre parmi les sillons, coller mon visage contre la terre, pour ne plus pleurer durant le reste de ma vie. Au loin à droite il y a deux arbres immenses, dont les branches ploient jusqu'au sol de tant de feuilles vertes et gorgées d'eau et de soleil; de vie. Les notes s'accélèrent. Je ne regarde que le ciel et ses nuages disparates, j'ouvre mes bras, je lâche la peur, la mort, les souvenirs, je lâche la tristesse et abandonne ma douleur. Les bras tendus vers d'autres horizons je tournoie, au son du piano qui virevolte dans l'air frais. Je tournoie sans me retenir, sans appréhension, je tournoie comme si bientôt le ciel allait m'accueillir dans ses bras sans préjugés, qu'il n'allait pas me sermonner ni me sourire d'un rictus méchant. Je tournoie sans que ma tête ne tourne au vertige, j'aime. Tu me vois dans ce champ ? Entends-tu la musique ?

- Oui je l'entends. Et je te vois au milieu de tous ces éléments tranquilles, toi la force vive, toi la matrice vivante en pleine renaissance, en découverte de la chair et du soleil réunis. Tu es si belle les yeux clos et ce sourire de dernière espérance à tes lèvres. Je te vois et je ne m'en lasserai jamais. Toujours en fermant les yeux je te verrais tournoyer, heureuse.