17 mai 2013

Moonrise Kingdom.

Je suis pour l'écriture totale de la détresse. Méticuleusement, noter tous ces détails, les moindres secousses d'émotions qui me rappellent à des bribes d'humanité. En disséquant on finit par détruire; il faut donc en passer par l'établissement de ce qui est, de ce que l'on croit ressentir pour cesser d'y penser enfin un jour. Oublier son visage, sa voix, son magnétisme. Oublier ce que je ressens comme un séisme extraordinaire dans la cage thoracique. Et je ne peux raisonnablement éloigner l'écriture de ce rituel de retour à la vie.

12 mai 2013

La distance du félin.

Ça ne faisait que deux semaines et j'y croyais comme une invincible. Je demeurais convaincue d'être à ma place. Et des questions ont pris possession de lui, ont tout détruit en un coup d’œil sarcastique. "Comment fera-t-on lorsque dans deux ans je voudrais des enfants et toi non?". J'avais beau m’époumoner à répéter que ces interrogations n'étaient pas d'actualité -que ce soit avec moi ou une femme de son âge- rien n'y faisait. Ce paradoxe qui consiste à se poser ces questions parce que je prends de l'importance dans sa vie, parce qu'il craint de s'attacher à moi et en même temps qui ne font que nous éloigner. Que répondre une fois qu'on a dit ce qu'on était prêt à faire? Que dire de plus sans donner l'impression de vouloir convaincre à tout prix? Je refuse de me taire, parce qu'à ce moment le silence est une mise à mort, une sentence. L'entendre parler même maladroitement c'est savoir que son choix reste indécis, que sa décision n'est pas encore fixée, que tout reste possible. Je n'aurais voulu quitter la pelouse de ce parc sous aucun prétexte, rester là devenait essentiel parce qu'en sortant nous savions que nous retournerions à nos vies et non plus à notre vie. Il se sent coupable d'une décision qu'il est pourtant sage de prendre. Et de l'autre côté de ma tête je m'obstine à me dire que je vais recevoir un coup de fil, entendre sa voix me dire "Je suis un sale con, je sais que j'ai fait une erreur. Je veux être avec toi et affronter tout ce qui va peut être nous attendre, je prends le risque parce que tu es le risque le plus beau que me présente la vie." Mais je sais qu'il ne dira rien de tout ça. Qu'il continuera de me prendre dans ses bras comme sur le trottoir qui vomit la chaleur du jour, à écouter un homme jouer d la trompette à notre gauche, de me prendre dans ses bras comme pour dire adieu à notre histoire de façon douce, à reculons, élégamment. Nos nez s'embrassent quand nos bouches ne le peuvent plus. Je respire sa peau que je ne caresserai plus, je m'accroche à son dos qui ne connaitra plus nos étreintes, nos corps se fondent l'un dans l'autre mais sans autre but que celui d'un au revoir. Et je sens l'impulsion de son cœur, celle de sa main dans mes cheveux, traînant dans mon cou. Je le sens et ça m'assassine. Quand je me retourne dans l'espoir de m'en aller la tête haute, je fonce me réfugier dans le premier magasin à ma portée. J'entre pour acheter du vin et la radio grésille un "You belong with me, I belong with you". Et c'est trop à supporter alors je m'effondre là, ici, maintenant au milieu de l'allée centrale. Sans aucune pudeur, sans conscience de ce monde qui ne tourne plus au ralenti, sans apercevoir ceux qui m'observent sans m'aider. Je m'effondre littéralement parce que je suffoque en comprenant que je viens de te laisser mon corps et mon cœur et que tu les as refusé poliment. Sans force ni haine, uniquement avec des regrets et des remords. Le soir venu je me saoule, je bois du vin à la paille comme les filles que je déteste qui ne cherchent qu'à se sentir ivre plus vite. Mais ce soir c'est un enjeu primordial, d'oublier, de me casser, d'entendre mon corps plier pour éviter d'imaginer ce à quoi aurait ressemblé ma soirée avec toi. Au lieu de savoir que j'aurais pu te sentir, te toucher, t'embrasser, te parler, t'entendre me raconter des anecdotes, me laisser aller et ployer sous ta douceur j'ai préféré boire. Ne pas faire l'amour avec toi me manque. Te revoir vendredi soir, rentrer avec toi et t'entendre me dire "envoie moi un message quand tu arrives pour me dire que tu es bien rentrée", subir un baiser long comme l'été sur la pommette alors que je pense maladivement à tes lèvres, recevoir ensuite un message disant "C'est vraiment chouette que tu sois venue ce soir, ça m'a fait très plaisir que tu sois là, que tu me vois jouer. Et te voir simplement m'a aussi fait plaisir".
Oui c'est difficile parce que je ressens comme une impossibilité à voir cette histoire complètement terminée, comme si tu allais revenir -quand je l'ignore mais c'est une sorte de certitude-, de savoir que nous baignons dans une relation entre le couple et l'amitié, emplie de sensualité, de tendresse, de respect et de rires ça me blesse parce que tu aurais pu y croire. Il aurait suffit que tu ais le même courage que moi. J'aurais tout abandonné si tu me l'avais demandé, je serai restée au lieu de partir une année, mon rêve aurait été toi, mon seul souffle le tien, j'aurais été rythmée par l'amour que l'on se portait. Mais tout ça n'a plus lieu d'être je suppose. Et ma seule peur grandissante est de penser que tu vas rencontrer une femme et faire ta vie avec, ma seule peur c'est celle-ci.

30 avril 2013

Higelin ; un grand monsieur.

Elle avait un grain de folie dans les yeux un grain de beauté dans la voix
Un regard d'enfant fasciné par ses démons intérieurs insolents
En tissant sa toile de la Scène à la salle, divine araignée du soir
Qui au petit jour par amour libérait ses proies

Être là être la voix qui s'ouvre
Être là par envie, par plaisir

Et quand parfois rêveur éveillé
Je me perds mon cœur de mes nuits sans sommeil
Je te revois oh mon papillon noir te poser sur mes draps
Et t'envoler dans un grand éclat de rire pour éblouir mes yeux
De la splendeur des couleurs de tes ailes

Être là être en vie être ensemble
Être là par delà ton absence
Devant la voie libre et vivante

28 avril 2013

Une musique faite de tous les sons possibles!

Ce serait comme une nouvelle trajectoire, une virée dans les étoiles au mois de Juillet. Nous irions embrasser les étoiles et découvrir les labyrinthes qu'elles cachent. Nous plongerions dans un océan de nuages, regardant des hirondelles aquatiques manger des huîtres à plumes. Pour nous déplacer nous adopterions un jaguar multicolore qui aurait été mélangé avec un perroquet aux mille couleurs...
Ah ce que j'aime nos rêves, nos imaginations s’immiscent l'une dans l'autre et ne forment plus qu'une seule sphère de bonheur. Au pays des hippocampes volants, nous dormirions dans des hamacs faits d'algues rouges; derrière le palmier à gauche juste après la maison de sable des crabes géants. 
Ah ce que j'aime nos rêves, quand nous marchons ensembles dans des idées.
Ce serait comme une nouvelle galaxie, où la douceur de ton sourire ne s'éteindrait jamais, où le sucre de ta peau me parviendrait à travers des notes de musique. Je laisse parler les fleurs et mes mains courent partout. 
Ah vivre le début d'une histoire rend poétique, heureux et paisible. 
 Je me fou de tout. Je retarde le moment de travailler, de réviser mes partiels, d'apprendre mes textes... Il n'y a que l'attente de son retour mardi qui me tienne en éveil jusqu'à cinq heures du matin. Il faudra m'y remettre, laisser couler mon nez dans le centre de mes cours, dans le cœur de la littérature. Il me faudra écrire des pages et des pages entières d'analyse, de plan, d'arguments et d'exemples. Il me faudra faire le vide dans mon esprit pour laisser quelques heures de coté les souvenirs qui se construisent, les idées qui fleurissent...
Je voudrais que cet état dure toujours.  
Chaque minute de mon existence rythmée par le bonheur d'être avec lui
 

23 avril 2013

Il y a si longtemps, c'était la découverte brute...

Comme toujours j'avais commencé par faire semblant. Mentir étant devenu mon plus grand refuge face à ma peur grandissante de l'exclusion. Je ne lui avais pas vraiment menti, non, je ne voulais pas; j'avais simplement omis de dire les choses. Aujourd'hui j'ai découvert l'amour, j'ai découvert la magie qui naît du contact de deux corps complémentaires. Dans la clarté de l'après midi j'ai vu son corps blanc s'étendre sur le mien, nos langues s'entrecroiser et la danse vertigineuse suivre son cours. Ma vie prend un tournant inattendu. Il y a encore deux semaines j'étais obsédée par la nécessité d'être en couple pour être pleinement heureuse et l'homme n'était qu'un instrument pour accéder à mon "moi" inexploré. Et quand j'ai cessé de penser à une surprise, à une rencontre, il est apparu. Comme un éclair foudroyant, une onde fracassante dans le silence de mon existence, un courant d'air dans une chaleur accablante. Il est venu avec son histoire, sa vie, ses regards tendres et sa main tendue vers le bonheur. J'ai vu en lui une lumière qui pourrait m'appartenir, mais qui menaçait de s'échapper. Je n'y ai pas pensé, je me suis contentée de le vivre. De le voir jour après jour, de plonger ma main dans l'océan de sa chevelure blonde. Émerveillée par un bleu clair qui prenait possession de mes craintes pour les faire fuir. Je trouve la paix. Je me confonds dans une existence qui est la mienne, dans un bonheur simple de chaque instant. Et ça fonctionne. Je ne me torture pas de nuages noirs, je suis pleine de cette nouvelle clarté. 
Tout fourmille de la pointe de mes cheveux à la jointure des mes orteils. Quand j'entends son souffle ricocher contre ma poitrine, son désir et sa voix, je me dis que ça valait la peine. La peine de combattre, d'espérer, de garder mes faiblesses en devantures, de ne pas me braquer et me couper du monde. Je sais maintenant ce que je suis. Et nous sommes une unité, un couple, un ensemble qui se complète. Aujourd'hui était aujourd'hui. Dans un océan de tendresse, de complicité et de simplicité, j'ai laissé mon corps se soumettre à mon désir, et ma tête s'est tue. Rien ne comptait d'autre que lui. "Je pourrais passer des nuits à te faire l'amour, je pourrais passer des jours à abandonner mon corps au tien." Voilà qui clôt toute autre question. 

Nous sommes bien. Nous sommes beau. Et je me laisse bercer par un bonheur nouveau. Je suis sortie de mon enveloppe, le passé appartient à ce qui n'est plus et les regrets disparaissent quand je le vois tourbillonner devant moi. Je ne sais pas où ça va, je ne sais pas ce qui adviendra, mais je pense qu'enfin la vie me présente la découverte brute d'un bonheur sans concessions.

20 avril 2013

Lover of the light !

"Tu es bien plus fine que toutes celles que j'ai rencontré et c'est une des choses qui me plait le plus".
D'accord j'avoue j'ai laissé de côté tous mes doutes. Je n'en ai plus en fait; c'est tellement puissant quand ça me prend dans le bas des jambes jusque dans le creux de l'échine; ça frissonne jusqu'à me paralyser. Et je vois dans ses pupilles noires contrastant avec ses yeux bleus qu'il glisse dans la même direction. Évidemment aujourd'hui a été une bonne journée, une de celles dont je raffole; une journée simple où tout va dans une direction inconnue, mais chaque détail crie que c'est un chemin sûr, sans fausse note, sans mauvaise surprise. Il l'a dit. Lui aussi l'idée d'une dizaine lui passe dans la tête mais il n'y prête pas attention. Je suis repartie avec son sweat qui sent comme sa peau, le soleil, la douceur et la simplicité d'aimer la vie. Être honnête est vraiment bénéfique; tout se déroule devant nous et chacun est libre de savoir où l'on s'envole. Je suis bien ce matin, je me suis levée tôt mais de bonne humeur, je me suis laissée embrasser par le vent Parisien, j'étais soutenue et comme l'on avance plus fort quand c'est le cas... En sortant de mon partiel j'avais réussi. Il faisait frais mais agréablement, pas trop de soleil qui brûle la peau mais juste un rayon qui s'attarde sur les épaules promettant de revenir. Et nous nous voyons cette après-midi, juste tous les deux. Hier était convivial mais au milieu des gens nous n'étions que tous les deux, le silence régnait comme le maître du soleil dans notre bulle. Personne ne pouvait vraiment y entrer mais à peine y mettre un pied. 

"Fais attention je risque de penser que tu m'aimes bien. - Fais attention ça risquerait d'être vrai."

16 avril 2013

I will forgive but you won't forget

Non, non, non. Impossible. Pas là comme ça au milieu du désert, au centre d'un rien confondant. Pourtant il paraitrait que c'est toujours comme ça. Et il est là, posé devant moi, à rire. Il est d'une beauté magnétique; et je me laisse porter par l'aventure sans savoir pourquoi. Je fais parfois abstraction du fait qu'il ait dix années de plus que moi. Parfois j'y pense à en devenir dingue, creusant plus profondément la boule dans ma gorge. Mais tout s'effondre, quand je vois parcourir à grands pas le hall d'entrée, quand il à l'air de sautiller mais qu'autour de lui tout le monde marche; quand son regard me parvient à travers la salle plongée dans le noir. Tout s'envole, se détache de moi et je n'y peux rien. Évidemment ils font des têtes à dormir dehors, ils ouvrent leur bouche jusqu'à former un o parfait. Je m'étais juré que jamais ça ne m’arriverais, du haut de mes grands principes imposés comme des barrières infranchissables, du haut de mes airs de celle qui se pense forte mais qui ne l'est pas et fonds à la première parole douce. Il me fait rire et c'est là que réside tout le piège de l'histoire, il est bon vivant comme je le suis et forcément le choc de nos rires nous rapprochent plus que de raison. Si c'était lui alors son âge m'importerai peu. J'écris dans l'espoir de me poser, de réfléchir, de peser le pour et le contre mais je sais que tout est déjà lancé, qu'il me plaît beaucoup trop pour arrêter ou raisonner quoi que ce soit. Je me consumes vraiment...